Tout le charme de Belmont

Avec sa rue principale en pente, Belmont est un charmant petit village bas-rhinois suspendu au beau ciel bleu. Comme le montre la photo ci-dessous, il est niché au coeur d’un vaste écrin de verdure. Tout autour, il n’y a en effet que prés, champs et bois à perte de vue. C’est ainsi qu’en empruntant de charmants sentiers serpentant au milieu de cette belle nature, les promeneurs pourront apprécier la beauté du coin. Ils auront une magnifique vue sur la vallée de la Bruche et pourront fouler l’herbe des anciens pâturages. Jadis, le berger du village y emmenait les vaches.

Belmont

Belmont est le village de mon enfance. Je m’y rendais pendant les vacances scolaires et ma grand-mère adorée était aux petits soins pour moi. Avec mes copains on gambadait dans les prés, observant les sauterelles bondissantes, les genêts frétillant sous le souffle d’une douce brise ou admirant la nitescence de papillons s’envolant à tire-d’aile colorer le ciel. A mes yeux Belmont était le plus beau village du monde. A cette époque là, il y avait une école, une épicerie, trois restaurants et une boulangerie. Aujourd’hui il ne reste plus qu’un restaurant. Or, et c’est paradoxal, alors qu’il n’y avait guère qu’une centaine d’habitants en ce temps là, Belmont compte à présent 176 habitants. Cela s’explique par le fait que bien des gens, séduits par la beauté du site, ont construit (ou acheté) une maison, notamment à la Hutte, lieu-dit tout proche rattaché à Belmont.

Belmont

Lorsque le Général Hiver dépose son épais manteau blanc sur la rue et sur les toits, c’est un autre attrait de Belmont qui s’offre aux visiteurs. Là-haut, à 820 m d’altitude, les habitants sont habitués à voir la neige tomber en abondance. Situé sous le Champ-du-Feu où les gens viennent en masse pour skier, le village paraît encore plus isolé au milieu de l’étendue neigeuse. Mais quelle que soit la saison, Belmont est vraiment un merveilleux village.

Belmont sous la neige  Belmont (nature)

Belmont (l'église)  Pâturages

Qui a peur d’Alice Cooper ?

The telephone is ringing / You got me on the run… Voila les premiers mots d’Alice Cooper que j’ai entendu. C’était la chanson « Under my wheels » et je découvrais ce groupe avec ce titre. C’était à la fin de l’automne 1971, ça caillait dehors, on se pelait le jonc, un vent sournois secouait les houppiers des arbres voisins mais ce morceau rock me réchauffait le coeur. J’en avais parlé le lendemain à un pote, demandant pourquoi ce prénom féminin. Et l’autre de me dire : « ce sont des travelos, des mecs qui s’habillent en fille ». Il en savait des choses sur ce groupe dont le chanteur avait les yeux très (trop ?) maquillés… Je l’avais cru. C’était comme à l’école, quand les histoires de sexe avaient commencé à sérieusement me tarauder, il y avait toujours eu un petit malin qui en savait plus que moi, plus que les autres. Le jour où il avait évoqué la cyprine, les copains et moi avions ouvert de grands yeux. En prononçant ce mot alors inconnu de notre vocabulaire, il avait gagné notre estime, devenant l’érudit du sexe, l’expert, le maestro alors qu’il était aussi puceau que nous. Comme des cons, on avait ensuite bu ses paroles, ébahis, hébétés mais tellement intéressés. Comme quoi au royaume des puceaux, le plus bravache est roi. Et là mon pote me refaisait le même coup et je marchais. Que dis-je ? Je courais. Son info était fausse mais le mystère Alice Cooper m’intriguait. Je me suis alors plongé dans l’oeuvre du groupe… car en cette année là Alice Cooper était encore un groupe. Ce n’est qu’après que le chanteur, de son vrai nom Vincent Furnier, a volé de ses propres ailes en gardant ce nom.

Alice Cooper et son boa  Alice Cooper, le groupe

J’ai donc découvert l’album « Killer » et j’ai été fasciné par ce disque puissant comprenant, outre « Under my wheels », des merveilles comme « Be my lover », « You drive me nervous », « Desperado » et l’extraordinaire « Halo of flies ». Avec ses changements de rythme, ses cavalcades de guitares et la puissance de la batterie, ce morceau de plus de huit minutes est un chef-d’oeuvre et prouve combien ces musiciens avaient du talent. Sur scène l’atmosphère est lugubre. Alice le chanteur se retrouvait en camisole, portait son boa autour du cou et il y avait même une guillotine puisqu’il se faisait couper la tête. C’était du grand théâtre sanguinolent, inquiétant mais très rock. Alice Cooper faisait peur. Totalement emballé, j’allais me régaler avec l’album suivant, celui qui allait définitivement hisser la bande au rang de grand groupe : « School’s out ». Il y avait cette pochette représentant un pupitre d’écolier avec les noms ou les initiales des musiciens gravés dessus et quand on ouvrait l’album, on constatait que le disque était ceint d’une petite culotte féminine… en papier. Hormis l’hymne « School’s out », la galette proposait de très beaux titres (Luney tune, Gutter cats) mais aussi des morceaux plus surprenants et étranges comme l’excellent « Alma mater ».

Alice Cooper guillotine   Alice live

En mars 1973, soit moins d’un an plus tard, arrive l’album « Billion dollars babies » qui est une autre merveille grâce au titre éponyme mais aussi à « Hello hurray », « Billion dollars babies », « Elected », sans oublier « Raped and freezin' » qui s’achève en samba de carnaval et le génial « Generation landslide » avec un solo d’harmonica suivi d’un solo de guitare aérienne. Vint pourtant le moment où la discorde secoua le groupe, Alice désirant aller plus loin dans le glauque et le morbide contrairement aux musiciens las de passer au second plan, éclipsés par le show théâtral. Ceux-ci n’avaient pas tort mais le dénommé Alice ne les écouta point et ce fut la séparation. Même le bassiste Dennis Dunaway, qu’il connaissait depuis l’âge de 12 ans, jeta l’éponge. L’arrivée de la vague punk balaya le trip solo d’Alice Cooper qui passa ensuite de cures de désintoxication en internements psychiatriques. L’artiste parvint tout de même à enregistrer des albums, lesquels ne connurent qu’un succès mitigé. La traversée du désert durera une bonne douzaine d’années et pourtant l’album « Raise your fist and yell » aurait mérité de cartonner avec ses morceaux hard-rock.

Alice Cooper  Alice Cooper live

Enfin débarrassé de ses démons, le chanteur réussit à revenir au premier plan avec l’album Trash qui sort en juillet 1989 et qui comprend le titre « Poison » qui lui permet d’obtenir à nouveau (enfin) un tube, un vrai. Pour l’album suivant (Hey stoopid) Alice fait appel à des pointures comme Slash, Joe Satriani et Steve Vai, pour ne citer qu’eux. Il travaillera ensuite avec des petits jeunes fort doués qui l’accompagneront sur scène où, outre ses nouveaux titres, il reprend ses grands classiques. Et le public suit à nouveau, désireux de voir en live une légende du rock qui aura survécu à toutes ses folies, à tous ses excès. Comme quoi, avec le temps, Alice Cooper ne fait plus peur mais attire des foules curieuses et enthousiastes. Il faut dire aussi qu’il a entre-temps proposé d’excellents albums : « Dirty diamonds » en 2005 et « Along came a spider » en 2008.

alice cooper show  Alice Cooper concert

Avec 26 albums studio et pas mal de tubes à son actif, Alice Cooper, auteur-compositeur et très bon interprète, est incontestablement l’un des grands de l’univers rock. Ca fait quand même pas loin de cinquante ans qu’il est là ! De plus, à l’instar de certains groupes de hard-rock, il savait également créer de sublimes ballades (Only women bleed, I never cry, You and me, Six hours) si bien qu’il peut se targuer d’avoir un répertoire riche en purs délices musicaux.

J’aurais tant aimé que Green Day me surprenne encore

Je commençais à me demander si Green Day était en grève et voila que le trio californien sort son tout nouvel album intitulé « Revolution radio », quatre ans après sa dernière oeuvre. Dès le second morceau, « Bang bang », ça pétarade, grosse guitare en avant avec une unité basse-batterie impressionnante. C’est un vrai tube. « Say goodbye » surprend avec sa lourde intro mais au bout d’une minute, ce morceau finit par ressembler aux titres-phare de Green Day.  C’est d’ailleurs le problème de cette galette. Hormis « Outlaws » et « Forever now » tous les titres semblent avoir été coulés dans le même moule. Ceci dit, « Boucing off the wall » avec sa rythmique sympa et un solo de guitare un peu plus long que d’ordinaire mérite tout de même des éloges. Les morceaux sont certes dans l’esprit punk-rock et aussi, parfois, dans la même veine que l’album « Warning » mais c’est toujours le même style.  Ca me fait ch… de dire ça car j’aime beaucoup ce groupe qui a souvent su me surprendre.

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Ce fut le cas avec « Warning » où le trio apparaissait soudain plus mûr, ce qui dérouta beaucoup de fans. Même chose avec « American idiot » qui était un opéra-rock comme les Who le firent avec « Tommy ». Il y avait donc une histoire à suivre du premier morceau à l’ultime titre et cette galette m’emballa agréablement avec ses titres forts (le sublime Jesus of suburbia, Boulevard of broken dreams, Wake me up when september ends » et bien sûr l’hymne American idiot) mais fit râler encore bien des fans de la première heure. Comme je confiais à l’époque (2004) mon bonheur d’écouter cet album à un jeune pote qui avait grandi avec les albums « Dookie » et ceux qui le précédaient, il me répondit sèchement : « c’est devenu commercial ! » Conscient que nos divergences n’étaient dues qu’à nos âges respectifs, je n’avais pas été d’accord avec lui et, avec le recul, je le suis encore moins. Je peux toutefois comprendre qu’une partie du public initial de Green Day ait regretté de ne pas retrouver, à l’écoute de cet opus, l’énergie punk des morceaux envoyés à 200 à l’heure sur les premiers albums. Si la bande à Billy Joe Armstrong perdit là encore de nombreux fans, elle en gagna d’autres, preuve en est les 15 millions d’albums vendus de cet « American idiot » que je considère comme le meilleur album du groupe.

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Il est indéniable que Green Day reste un grand groupe, ne serait-ce qu’en concert où il fait preuve de punch en alignant ses nombreux hymnes avec brio.  Le DVD « Bullet in a bible » est là pour le prouver. Reste à voir maintenant si « Revolution radio » sera une révolution dans les ventes de disques.

AC/DC est-il arrivé au bout de l’autoroute ?

Tout le monde connait AC/DC. Aussi ne vais-je pas retracer leur long et magnifique parcours sur l’autoroute du succès. On connait tous le décès tragique de Bon Scott puis le surprenant retour avec l’album « Back in black » tout comme on connait par coeur les titres des albums de légende. J’ai eu (et j’ai encore) beaucoup de bonheur en écoutant ces morceaux tantôt blues-rock, tantôt hard-rock, voire même boogie. Formidable groupe dont les prestations live sont phénoménales grâce à toute la mise en scène (la lourde cloche, les canons, Rosie en gigantesque poupée gonflable, etc…) et aussi grâce à Angus Young, ce guitariste doué qui se transcende sur scène, entre en transes et part dans des solos interminables tout en faisant penser (parfois) à un épileptique. Le public n’attend que ça : le show Angus. Mais derrière lui ça tourne bien avec le batteur, le bassiste et ce frangin plus calme qui cisèle la rythmique avec brio.

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Sauf que le frangin est chez les dingos maintenant, atteint de démence. Ca me peine de le voir finir comme ça. Le groupe a donc du se priver de lui pour la dernière tournée. Pour couronner le tout, Brian Johnson, atteint de surdité, a été prié par son médecin de renoncer aux dernières dates. Et si le remplacement de Malcolm par Steve le neveu n’a pas posé de problème, le remplacement de Brian au chant par Axl Rose a créé une vive polémique, des fans demandant même le remboursement de leur billet. La présence du chanteur des Guns n’ Roses ne m’a pas spécialement choqué. Fallait bien un chanteur pour assurer la fin de tournée et la voix d’Axl peut convenir au groupe. Par contre ce qui m’a dérangé c’est son côté bling bling avec ses bagues et ses bracelets alors que Brian Johnson, en tee-shirt et blue-jean, casquette vissée sur la tête faisait simple côté look. Comme de surcroît Axl avait la jambe plâtrée, le groupe l’avait installé sur un trône et il chantait. Ok, il s’était cassé la patte, il n’y pouvait rien mais ça enlevait une part de folie visuelle aux concerts.

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Mais la vraie question était : Brian Johnson allait-il être viré du groupe après 36 ans de bons et loyaux services ? On dirait que ça ne rigole pas dans la galaxie AC/DC quand il s’agit de trancher, de prendre une importante décision. Le batteur Phil Rudd ayant des ennuis avec la justice pour possession de cannabis et profération de menaces de mort, il fut remplacé pour la tournée. Brian devient dur de la feuille et hop on le met aux oubliettes en déclarant : « les membres d’AC/DC souhaitent remercier Brian Johnson pour ses contributions et son dévouement au groupe au cours des années. Nous lui souhaitons le meilleur avec ses problèmes d’audition et ses entreprises futures. » Waow ! Ses entreprises futures ? Le message paraît clair mais c’est un peu dégueu, non ?

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Depuis, Brian a déclaré se soigner, un médecin ayant trouvé une miraculeuse solution. Le toubib, Stephen Ambrose, assure même que le chanteur pourra retourner en studio pour enregistrer. Du coup, Brian se met à rêver d’un retour sur scène. Seulement voila, il a 68 ans et au rythme où va AC/DC depuis seize ans, c’est pas gagné. En effet, prenons les derniers albums du groupe. « Stiff uper lip » est sorti en l’an 2000. L’album suivant « Black ice » n’est sorti que huit ans après et le plus récent (Rock or bust) est apparu dans les bacs en 2014. Il faut donc compter six ans minimum entre chaque galette. Des rumeurs ont récemment couru comme quoi le groupe serait déjà en studio mais c’est faux. Franchement, ça m’aurait mis sur le cul.

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Enfin, cerise sur le pancake, il y a eu la déclaration-choc du bassiste Cliff Williams. Peu de temps avant que la tournée mondiale ne s’achève,  Cliff a confié à Angus sa décision d’arrêter définitivement. Sale année pour AC/DC. Aussi, lors de l’ultime concert du 20 septembre à Philadelphie (avec un Axl Rose remis sur pied) Angus a-t’il cherché Cliff Williams pour qu’il s’avance sur le devant de la scène à la fin du dernier morceau (For those about to rock). Pour un bel hommage, pour un ultime salut. Angus se retrouve donc seul rescapé de la formation des débuts et du coup, comme beaucoup de fans, je me demande s’il va continuer. Il en aura certes l’envie mais est-ce que ce sera encore AC/DC ? Ca pourrait être une chance pour Brian Johnson s’il retrouve effectivement une meilleure audition. En attendant une réponse que seul le guitariste détient, il nous restera toujours les hymnes percutants que lui et sa bande ont su créer.

Le rock lourd et ténébreux de Black Sabbath

La claque que j’avais pris ! Impossible de résister à ce « Paranoid » à l’intro magnifique et au rythme très élevé. C’était fin 1970 et je découvrais Black Sabbath avec beaucoup de plaisir et si « Paranoid » était percutant et remarquable, il y avait bien d’autres chansons qui méritaient une oreille attentive. Tout avait commencé lorsque Geezer Butler parla à ses potes de sa passion pour la magie noire. Du coup le groupe décida de créer une musique lourde et ténébreuse. Le titre « Black sabbath » qui ouvre le premier album paru en février 1970 est la parfaite illustration de ce style musical avec en intro le tonnerre et une cloche qui sonne. On imagine une nuit d’orage dans un endroit sombre et glauque. L’ambiance est lourde, le tempo est lent, pesant, angoissant mais au milieu du morceau le rythme s’accélère et Tony Iommi, poussé par une rythmique infernale, part dans un solo de guitare magistral. L’album se vend bien mais la presse anglaise s’inquiète et qualifie le groupe d’inquiétant, de dangereux. Ce n’est pas tant le climat musical anxiogène qui est mis en cause mais les textes qui évoquent, entre autres, la mort et le diable.

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Riche en titres forts comme « War pigs », « Iron man » et bien sûr « Paranoid », le second album s’installe directement à la première place des ventes en Angleterre. Tony Iommi excelle à la guitare et John Michael Osbourne, surnommé Ozzy paraît livrer sur certains titres de sombres incantations alors que Butler assure à la basse, épaulé par Bill Ward qui tape sur ses caisses comme un possédé. Le quatuor prend pourtant plaisir à surprendre l’auditeur en proposant un « Planet caravan » planant mais plus léger et très agréable à écouterLe troisième album sort en juillet 1971 et enfonce le clou avec une recette inchangée, les morceaux étant toujours emplis de noirceur avec des cassures dans le rythme et de subtiles envolées guitaristiques. Black Sabbath n’hésite pas à faire des chansons qui durent plus de six minutes et sur cette nouvelle galette les titres-phare sont « Sweet leaf » et le phénoménal « Children of the grave ».

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Au risque de m’attirer les foudres des fans et autres puristes, je dois avouer que j’ai quelque peu décroché de Black Sabbath avec le cinquième album nommé « Sabbath bloody sabbath », d’autant plus qu’à cette période là ça bougeait beaucoup dans l’univers du rock. Le glitter-rock était arrivé avec David Bowie, the Sweet et T.Rex, Status Quo faisait parler de lui et Pink Floyd s’était installé sur le toit du monde avec son légendaire « Dark side of the moon ».

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Black Sabbath connut alors une période trouble avec des problèmes de drogues et des conflits internes. Pour couronner le tout, les albums « Technical ecstasy » et « Never say die » furent des échecs commerciaux. Usé par les drogues et l’alcool, Ozzy finit par claquer la porte mais Tony Iommi, n’entendant pas jeter l’éponge, enrôla Ronnie James Dio. Et Black Sabbath reprit des couleurs avec un excellent album : « Heaven and hell » paru en 1980. Malgré cela, le batteur Bill Ward partit à son tour, marquant le début d’incessants changements de personnel au sein du groupe. Moi, perso, j’ai toujours détesté lorsque mes groupes adorés changeaient de personnel. Je trouvais que quelque chose de magique se brisait. Black Sabbath allait finir par dérouter totalement ses fans avec ses multiples changements de personnel : chanteur, batteur, bassiste avec un Bill Ward s’en allant, revenant, repartant, etc… C’est ainsi que Ian Gillan, en manque de Deep Purple, assura le chant durant environ un an avant de se barrer. Au fil des années, Black Sabbath sombre dans l’anonymat discographiquement parlant. La magie des débuts s’est évaporée, Tony et ses nouveaux compères ne parvenant pas à recréer des ambiances comme celle de « Fairies wear boots » (par exemple) dont les incessants changements de rythme et le climat parfois lourd, parfois aérien faisaient la saveur.

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Et soudain le miracle arriva. Hormis Bill Ward, les potes du début se retrouvèrent à Birmingham pour enregistrer l’album « 13 » qui sortit en juin 2013. J’en suis content et c’est du très bon Black Sabbath, ça sonne comme dans les années 70-72 et pourtant certaines critiques démolissent l’album, estimant que le groupe a fait du copier-coller des mélodies d’antan. Concernant le titre « Zeitgeist » je suis d’accord, il fait penser au majestueux « Planet caravan » mais pour le reste j’estime qu’il faut savourer ces morceaux lourds comme au bon vieux temps sans trop chercher la petite bête. Je terminerai en disant que nombre de personnes considèrent (à juste titre) que Black Sabbath est le précurseur du heavy metal et que même si toute sa discographie n’est pas parfaite, c’est un groupe de légende qui mérite le respect.

Vive les hymnes de boogie-rock de Status Quo

C’était une petite boutique située à côté d’une librairie renommée. J’y étais entré. Je ne me souviens plus du 45 tours que je cherchais mais comme il ne l’avait pas, le disquaire m’avait conseillé un truc du même genre. Il posa la rondelle de vinyle sur l’électrophone situé à côté de la caisse et me fit écouter. J’ai été soufflé. Impressionné ! C’était Status Quo et le titre de la chanson était « Mean girl ». C’était du rock envoyé à 200 à l’heure, toutes guitares en avant. C’est ainsi que j’ai connu ce groupe, au coeur de l’année 1970, bien avant que celui-ci ne commence à vraiment faire parler de lui avec « Paper plane », extrait de l’album « Piledriver ».

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C’est avec « Caroline » que le groupe a enfoncé le clou, obtenant une reconnaissance internationale amplement méritée. La recette utilisée était simple : une intro avec des riffs intenses allant crescendo puis l’explosion avec l’arrivée de la batterie soutenant alors un rythme rapide menant à un refrain se retenant aisément. A ce petit jeu, Francis Rossi (chant et guitare) Rick Parfitt (chant et guitare) Alan Lancaster (basse et chant sur certaines chansons) et le batteur John Coghlan allaient devenir des maîtres. Les maîtres d’un boogie-rock très énergique et efficace, y compris sur scène où leurs prestations étaient diablement excitantes. De nombreuses photos illustrent parfaitement ce qu’était le style Status Quo en live : cheveux longs, en blue-jean, Parfitt, Rossi et Lancaster côte à côte, penchés en avant avec leurs instruments, heureux d’interpréter leurs hymnes boogie. Au fil de remarquables albums (Hello, Quo, On the level) ceux-ci allaient accumuler les titres forts : « Down down », « Backwater », « Just take me », « Little lady » et autres « Whatever you want ». Mais ils savaient aussi créer de longs morceaux de huit minutes ou plus avec changements de rythme et mélodies envoûtantes comme le prouvent les titres « Slow train » et « Forty-five hundred times ».

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La longévité de ce groupe est remarquable. Francis Rossi et Alan Lancaster, officiaient déjà ensemble en 1962 mais sous le nom de the Spectres. Avant de connaître un énorme succès discographique, Status Quo se fit connaître en Angleterre grâce à ses concerts phénoménaux. Pourtant les disques des compères étaient plutôt teintés de blues (l’album Ma Kelly’s greasy spoon) mais sur scène l’énergie et la puissance des guitares primait.

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Fin 1981, John Coghlan quittait le groupe, imité quatre ans plus tard par Alan Lancaster qui ira en justice pour l’utilisation du nom Status Quo mais perdra. Le noyau dur du groupe reste donc Francis Rossi et Rick Parfitt. Même s’ils ont perdu des cheveux au fil du temps, ceux-ci prennent encore un infini plaisir à jouer en concert. A 67 ans. Comme quoi le boogie conserve mais il se murmure que la tournée du groupe qui va démarrer le 12 octobre en Autriche sera la dernière.

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Pour être totalement objectif, j’avouerai qu’à partir de l’album « Just supposin' » en 1980 j’avais quelque peu décroché. Je trouvais que c’était toujours un peu la même chose, ce qui ne m’empêcha pas d’aller les voir en concert où ils jouaient certes quelques nouveautés mais aussi -surtout- leurs classiques effrénés et excitants. Oui, le Quo propose une musique excitante qui met de bonne humeur, qui fait taper du pied et bouger la tête. Il y eut pourtant encore un hic avec le groupe lorsqu’il enregistra « In the army now ». Ce titre leur ouvrit les portes du Top 50 mais ce n’était pas vraiment du Status Quo, c’était déroutant. Ca m’embêtait, je ne voulais pas que les jeunes découvrant le groupe l’assimilent à ce style de musique. Non, le Quo c’était du boogie pur, des guitares énergiques et des hymnes rock époustouflants et enthousiasmants.

Téléphone fait toujours et encore causer

Je suis outré. Et en colère. Deux bouquins viennent de sortir sur le groupe Téléphone et l’un des auteurs m’a agacé avec ses propos. Le premier de ces livres se nomme « Jean-Louis Aubert intime » et c’est Christian Eudeline qui l’a écrit. C’est le second auteur, Baptiste Vignol dont le bouquin s’intitule « 3400 nuits » qui me pose problème.  Invité sur Europe 1, celui-ci a osé certifier : « Le groupe est mort au bout de deux ans. Aubert s’accapare les chansons. Il y a trop de drogue, trop de cul, des egos surdimensionnés. Il y a une fille au milieu qui fait la magie du groupe mais dans une époque de machos. C’est ce qui est fascinant, c’est un groupe quasiment mort-né et leurs divisions ont été leur moteur. »

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Je ne prétends pas tout savoir de Téléphone qui fut l’un de mes groupes chouchou mais de tels propos méritent débat. Dire que le groupe est mort au bout de deux ans d’existence est inexact. Je veux bien croire que les membres de Téléphone ne s’entendaient plus à la fin. D’ailleurs Jean-Louis Aubert disait justement début 1986 qu’il n’était plus possible de sortir un nouvel album vu que le climat s’était détérioré et qu’il fallait être honnête et s’arrêter. Donc, comment le groupe aurait-il fait pour tenir dix ans s’il y avait eu dégradation des affinités au bout de deux ans ? Après deux années d’existence, Téléphone en était juste à deux albums sortis. Leur aventure ne faisait que commencer. Comment auraient-ils pu enregistrer leur merveilleux troisième album (Au coeur de la nuit) si leur entente n’avait pas été bonne ? Je veux bien croire aussi que Corinne n’a pas toujours rigolé au sein de la bande, quand les mecs partaient boire des coups et draguer mais bon, elle s’était lancée dans cette expérience, toute fraîche, toute naïve et portée par Bertignac. Il n’empêche que par après, dans son bouquin, elle a descendu en flammes ses ex-potes, lesquels ne pouvaient sciemment pas l’embarquer quand ils décidèrent de se retrouver sous le nom des Insus.

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J’en reviens à Baptiste Vignol qui reconnait qu’il n’avait que six ans quand Téléphone s’est formé, allant même jusqu’à dire qu’il n’était pas fan du groupe dont les premiers disques lui étaient passés par-dessus les oreilles. Il précise enfin que s’il a accepté le défi d’écrire sur le quatuor, c’est parce que ça lui permettait de poser un regard sur la France de 1975-1985. Il n’a donc pas vécu réellement la « folie Téléphone » quand des hordes de kids étaient heureux en écoutant « Hygiaphone », « La bombe humaine » et autres « Faits divers », quand sur les cartables en toile d’écoliers était inscrit Téléphone. Aubert et ses potes faisaient du bon rock et rendaient des tas de jeunes (et de moins jeunes) heureux. Ils aidaient à s’évader, faisaient rêver. Ils avaient du punch, de l’enthousiasme et parvenaient à faire du rock avec des paroles en français qui touchaient bien des gens. La France avait enfin un groupe de rock n’ roll dans la lignée des Rolling Stones. Il n’y a qu’à écouter certaines intros ou certains riffs de guitare. Certes il y avait eu avant eux Triangle, Magma, Dynastie Crisis, les Variations, voire Ange dans un genre rock progressif mais aucun de ces groupes, aussi bons furent-ils, n’avait provoqué un enthousiasme aussi intense que la bande à Aubert. Il faut avoir vécu ça pour parler du phénomène Téléphone. Après, je me fous bien de savoir s’ils se droguaient, s’ils se tapaient des groupies. Bien sûr qu’ils ont vécu leur trip « sexe, drogues et rock n’roll » mais musicalement parlant ils étaient purs et pleins d’une énergie positive et sincère et c’est ce qui compte. Leur immense succès était totalement mérité et le reste n’est que littérature.

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Rammstein ou le rock pyrotechnique

Force m’est d’avouer que j’ai découvert Rammstein tardivement. J’en entendais certes parler mais, étonnamment, je n’avais pas cherché plus loin alors que j’étais toujours curieux de tout en matière de rock. C’est une amie qui me brancha, me confiant qu’elle était sortie d’un de leurs concerts couverte de cendres. Elle était dans les premiers rangs et comme le show de ce groupe est basé sur des effets pyrotechniques, la chaleur des flammes se ressentait mais ceci provoquait aussi des retombées de cendres. Ca m’avait intrigué. J’ai alors écouté leurs disques et j’ai de suite adoré cette musique très lourde mais ô combien excitante que l’on ne peut pas vraiment qualifier de hard-rock. Les hymnes de Rammstein sont plutôt catalogués metal industriel.

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Rammstein a vu le jour en 1994. Le groupe est composé de six Allemands (de l’Est) et son succès est allé en grandissant au fil des années. Ce n’était pas gagné au départ puisque les paroles sont en allemand et de surcroît parfois étranges : « A présent il recule vers moi / Du miel reste collé à son porte-jarretelles, chanson Bück dich) ou encore « Mutter » où Till Lindemann (d’abord batteur dans un obscur groupe punk) chante « Aucune poitrine n’a pleuré de lait pour moi / Dans ma gorge il y a un tube / Je n’ai pas de nombril sur le ventre ». A ces textes à la fois originaux, étranges et quelques fois choquants balancés sur de puissantes mélodies, Lindemann, ses potes et leur manager Emmanuel Fialik ont eu l’idée d’ajouter de somptueux jeux de lumière mais aussi -surtout- des effets pyrotechniques qui font de leurs concerts d’impressionnants spectacles. Ainsi utilisent-ils parfaitement des lance-flammes faciaux ou distillent-ils des feux d’artifice, mettant également pendant la chanson « Mein teil » le claviériste (Christian Lorenz) dans un chaudron allumé à l’aide d’un lance-flammes.

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C’est l’album « Mutter » qui les amena au sommet et comme les concerts étaient spectaculaires, les fans se multiplièrent. Le groupe en est actuellement à six albums studio et leurs titres-phare sont nombreux : « Mein teil », « My herz brennt », « Amerika », « Reise, reise », « Keine lust », « Ich will », « Du hast » et autres »Feuer frei ». Le coffret « Volkerball » contenant un CD live mais aussi un DVD de différents shows (dont celui aux arènes de Nîmes) est à recommander pour bien se rendre compte de ce qu’est un concert de Rammstein. Le groupe devrait sous peu se mettre à l’enregistrement d’un septième album, le dernier datant quand même de 2009, ce qui fait sept ans.

Qui a inventé le hard-rock ?

Le hard-rock est une musique plus brutale que le rock pur et a de par le monde des millions de fans. Certains prétendent qu’il fut créé par Led Zeppelin, d’autres par Deep Purple ou Black Sabbath. Disons que ces trois groupes, lorsqu’ils ont sorti leur premier album, ne songeaient pas à inventer le hard-rock, ne voulant qu’innover, faire bouger les tendances classiques du rock. Pour ma part, je dirais que c’est Led Zeppelin qui est à l’origine du hard-rock. En effet, lorsque Deep Purple a sorti « In rock », c’était en 1970. Même chose pour la première galette de Black Sabbath. Or, Led Zep avait alors déjà sorti deux albums avec certains titres puissants riches en changements de rythme, avec une batterie plus lourde que dans les morceaux de pur rock n’roll et de percutantes parties de guitare. Le morceau « Heartbreaker » illustre parfaitement le style hard-rock. Depuis bien des groupes (AC/DC, Van Halen, Scorpions, etc) se sont engouffrés dans ce genre de zique en apportant leur touche personnelle.

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Je rêvais d’un autre disque

Je suis encore sous le charme du concert donné par les Insus à Colmar. C’était pourtant il y a quasiment deux mois et quand j’y pense, ça m’emplit (encore et toujours) de joie. Avoir revu Aubert, Bertignac et Kolinka ensemble en live fut un bonheur immense. Depuis, dans la voiture j’ai glissé le CD « Un autre monde » parce que c’est l’album que j’ai le moins écouté de toutes les galettes de Téléphone et j’ai eu envie de le redécouvrir. Je ne dis pas que c’est celui que j’aime le moins mais force m’est d’admettre que j’ai une préférence pour les trois premiers albums. Et pourtant il y a l’immense tube « Ca c’est vraiment toi » sur le quatrième et « New-York avec toi » et « Un autre monde » sur l’ultime album studio. Voila des tubes légendaires, au même titre que « La bombe humaine » ou« Hygiaphone ». Mais pour moi Téléphone ne se résume pas qu’à ces tubes. Il y a des morceaux moins connus du grand public que j’adore comme par exemple « Ordinaire », « Téléphomme », « Ploum ploum » ou « Ne me regarde pas / Regarde-moi » sans oublier « Fleur de ma ville ».

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Depuis quelques jours, les Insus ont repris leur tournée, enflammant les salles des villes où ils passent et moi  je me mets à rêver d’un retour en studio du groupe. Je sais, je n’en ai jamais assez mais je ne dois pas être le seul dans ce cas. On espérait tous, d’abord, avoir l’occasion de les revoir sur scène et maintenant que c’est fait, pourquoi ne sortiraient-ils pas un nouvel album ? Ils termineront leur immense tournée en affichant complet partout et après ? Auront-ils envie de créer, ensemble, de nouvelles chansons ? Dieu seul le sait… Et eux aussi. J’ose espérer que ce projet d’album est dans leurs têtes, ce serait merveilleux, trop top. Le rêve est permis.