Deep Purple : les maîtres du temps

Deep Purple est toujours là ! Ce groupe légendaire qui a connu ses plus belles heures de gloire dans les seventies poursuit sa route avec passion. Le temps qui passe semble ne pas avoir d’emprise sur Ian Gillan et ses potes.

C’est avec « Black night » que j’ai connu Deep Purple. A cette époque là, je retrouvais mes potes du quartier le soir devant la vitrine du coiffeur. On avait des mange-disques qui nous permettaient d’écouter les 45 tours. Un mange-disques c’était un électrophone portable, une sorte de boîtier avec une fente dans laquelle on insérait le disque. Chacun ramenait ses nouveautés. Parmi elles ce « Black night » phénoménal. Et chacun écoutait en tapant du pied pour donner ensuite son opinion. Le mange-disques ne permettait de jouer que des singles mais c’est pourtant à cette époque là que j’ai commencé à privilégier les albums. Dans la foulée je me suis offert l’album « Fireball », chouette 33 tours à la pochette cosmique contenant de vraies merveilles comme « Fireball », titre éponyme à l’intro fantastique et au rythme très rapide mais aussi le sublime « Demon’s eye ». En entendant la chanson « Fireball », le play-boy du quartier m’avait dit : « m’ouais, tu vois, Deep Purple c’est devenu trop commercial. » C’était le terme, ça, dans la bande : commercial. Et donc négligeable. Ca m’agaçait prodigieusement qu’il ait osé lancer ça  vu que ce disque, outre les titres cités plus haut, comprenait des morceaux plus complexes mais tout aussi intéressants que ceux qui sortaient en 45 tours. Et puis Deep Purple était un de groupe  techniquement au point. La formation était la suivante : Ian Gillan au chant, Ritchie Blackmore (guitare) Roger Glover (basse) Jon Lord (claviers) et Ian Paice à la batterie. Ceux-ci innovaient constamment. Ils savaient que leurs morceaux de six minutes ou plus ne passeraient pas à la radio mais ils s’en moquaient, ils créaient, inventaient, allaient au bout de leurs idées.

 

Au printemps 1972 arriva l’album parfait : « Machine head ». Ce disque là où tous les titres sont excellents hissa le groupe au sommet de sa gloire. Ian Gillan et sa bande proposaient un rock percutant, hargneux, révolutionnaire à l’image du génial « Highway star » qui est l’un des titres que j’ai le plus écouté dans ma vie. Il y a aussi, bien sûr, le célèbre « Smoke on the water ». Qui ne connait pas l’intro mythique de ce morceau ? La musique de ce groupe était cataloguée hard-rock mais il y avait bien plus que ça dans leurs compositions. Ritchie Blackmore et ses camarades savaient aussi jouer le blues (When a blind man cries) ou créer des climats où le tempo, enfiévré, excitant, allait crescendo, souvent amené par l’orgue de Jon Lord comme c’est le cas sur le fabuleux « Lazy » ou le rapide « Speed king » figurant sur l’album « In rock ». Justement, cet album « In rock » sorti en 1970 (avant Fireball donc) avec une pochette représentant les musiciens sculptés dans la roche du Mont Rushmore (comme les présidents des States) avait lancé la carrière de Deep Purple après plusieurs albums proposant un style très différent. Mais ici, en France, c’est « Machine head » qui sacra définitivement le groupe au printemps 1972 ainsi que l’album live « Made in Japan » qui enfonça majestueusement le clou.

Je reviens un instant sur l’album « In rock » où rien est à jeter. Outre « Speed king », les morceaux tels que « Hard lovin’ man » ou « Flight of the rat » sont absolument géniaux. Et puis cette galette comporte le majestueux « Child in time » long de dix minutes pendant lesquelles la voix magique de Ian Gillan est époustouflante, impressionnante. Au beau milieu de ce morceau, Blackmore laisse sa guitare s’envoler de façon si phénoménale que je considère ce solo comme l’un des tout meilleurs de l’histoire du rock. A noter qu’un extrait de cette chanson est utilisé dans la pub TV pour le parfum « Flower » de Kenzo.

   

En 1973 parait l’album « Who do we think we are » inférieur à « Machine head » mais correct. Et d’abord comment dépasser le chef-d’oeuvre qu’était « Machine head » ? Commença alors la valse des musiciens, Ian Gillan (chant, harmonica) et Ritchie Blackmore (guitariste prodigieux) s’accrochant souvent. Un chouïa déçu par « Who do we think we are » mais surtout par les départs de Ian Gillan et Roger Glover, je faisais grise mine. J’avais tellement aimé ce groupe dans sa formation si créatrice ! Or, la direction prise par la nouvelle formation ne m’enthousiasma plus autant, ce n’était plus vraiment le Deep Purple que j’adorais et après l’album « Come taste the band » totalement déroutant, j’ai décroché, suivant certes encore l’actualité du groupe mais n’achetant plus leurs disques. J’avais trop aimé « Highway star », « Demon’s eye » et autres « Space truckin' » pour pouvoir apprécier ces nouvelles compositions. Avec le recul je dois pourtant admettre que « Come taste the band » est une galette sympa.

En 1984, ô miracle, le groupe de l’époque 1970-73 se retrouve pour créer un bon album : « Perfect strangers ». Blackmore et Gillan ont, semble-t-il, enterré la hache de guerre et remettent ça avec l’album « The house of blue light » qui voit le jour trois ans plus tard mais qui est en dessous du précédent. Ian Gillan dira par après combien il déteste cet album. Le groupe repart en tournée dans sa composition mythique mais Ritchie Blackmore refait des siennes, allant même jusqu’à péter les plombs lors d’un concert. Alors qu’il avait obtenu gain de cause en 1973, parvenant à faire virer Gillan et même  Roger Glover, c’est lui qui, cette fois, devra dégager. Il était aussi talentueux qu’ingérable.

  

Bien plus tard, j’ai vu le groupe dans la composition suivante : Gillan au chant, Jon Lord à l’orgue, Roger Glover à la basse, Ian Paice derrière les fûts et Steve Morse à la place de Blackmore. Ce fut un très bon concert entamé avec « Fireball » magistralement joué et où Steve Morse fit étalage de tout son talent, prouvant qu’il n’avait vraiment rien à envier à Blackmore. Je pense qu’avec la venue de Steve Morse, Deep Purple a retrouvé un réel second souffle et certains albums sortis depuis (notamment « Perpendicular » en 1996) méritent des éloges. Le 16 juillet 2012 décédait Jon Lord qui avait annoncé son départ du groupe en 2002 et qui fut remplacé aux claviers par Don Airey. Si bien qu’à l’heure actuelle, le batteur Ian Paice est le dernier survivant de la première mouture du groupe qui fut fondé en 1968. Il est le seul à avoir été présent au sein de Deep Purple du début à aujourd’hui.

En avril dernier sortait le vingtième album du groupe : « Infinite », un album avec certes de bonnes choses (Time for bedlam, Surprising) mais pas suffisamment pour en faire un album de légende. Quoiqu’il en soit, Deep Purple continue d’attirer du monde quand il se produit sur scène et c’est justement pour ça que Ian Gillan et ses compères vont entamer une longue tournée. Les mecs n’ont plus vingt ans (loin de là) mais ils sont bien décidés à jouer encore et encore, comme s’ils étaient maîtres du temps. Ils sont entrés dans la légende du rock depuis fort longtemps et je ne les remercierai jamais assez pour les superbes moments que j’ai passé à écouter leurs formidables titres.

Les merveilleuses mélodies des Eagles

Tout le monde connait la chanson « Hotel California » des Eagles. Gros tube mondial extrait d’un album qui s’est vendu à 32 millions d’exemplaires. J’ adore cette chanson mais il ne faut pas oublier pour autant le reste du répertoire de ce groupe qui  contient tant de fabuleux morceaux.

Tout commence lorsque ces musiciens décident de fonder un groupe. Jusqu’alors ils accompagnaient la chanteuse Linda Ronstadt. Dès leurs débuts Glenn Frey, Don Henley, Randy Meisner et Bearnie Leadon connaissent le succès grâce notamment à « Take it easy ». Leur second album (Desperado) va les propulser vers les sommets.  Les choeurs harmonieux, le banjo de Bernie Leadon et des compositions haut de gamme charment les auditeurs. « Out of control », violent et très rock contraste avec la douceur de « Saturday night » alors que « Twenty-one » ou « Tequila sunrise » confirment les influences country chères au groupe.

   

L’album « On the border » me paraît  inférieur aux précédents et pourtant il est important pour deux choses. D’abord la présence de l’impérial « Already gone », ensuite parce que Don Felder, formidable guitariste, intègre le groupe. Paru en juin 1975 l’album « One of these nights » est une pure merveille avec ses titres-phare : « One of these nights », « Lyin’ eyes » et « Take it to the limit ». Bernie Leadon décide pourtant de quitter le groupe, lequel engage alors Joe Walsh et c’est dans cette nouvelle composition (Henley-Frey-Felder-Meisner-Walsh) que les Eagles vont créer la merveille des merveilles : « Hotel California », extraite de l’album du même nom qui paraît en décembre 1976. Ce n’est pourtant que début 1977 que la France prend connaissance de ce titre. Eh oui, à l’époque il y avait un décalage entre les sorties de disques aux States et en Europe. Si quasiment toutes les chansons de cet album sont remarquables, j’aimerais toutefois citer le titre « New kid in town » que je trouve absolument fantastique. Je mets ci-dessous une prestation live du groupe interprétant à la perfection « Hotel California » avec un Don Felder époustouflant à la slide.

Les cinq musiciens parvenaient en effet à reproduire à la note près leurs chansons, associant leurs voix sublimes pour les refrains, ce qui me fait penser que l’album live qui sortira en 1980 n’est pas indispensable. Mais avant ce double 33 tours en public sortira « The long run », un album à la pochette noire. Est-ce parce que le groupe allait mal ? Le succès étant à présent immense et les Eagles étant enfin, vraiment, connus et adulés dans le monde entier, des tensions naquirent au sein du groupe et Randy Meisner claqua la porte. Il est alors remplacé par Timothy B. Schmitt. Ce « The long run » est loin d’être le meilleur album de la bande à Don Henley. Seuls trois morceaux m’emballeront à l’écoute de cette galette à l’automne 1979 : « Heartache tonight », une sorte de disco-rock, le nerveux et pétillant « The Greeks don’t want no freaks » et « I can’t tell you why ». Quoiqu’il en soit, les membres du groupe annoncent à ce moment là que cet album est bel et bien le dernier, Don Henley allant même jusqu’à dire qu’il faudrait qu’il gèle en enfer pour que le groupe se reforme.

  

Il se souviendra de cette phrase qui servira de titre à l’album célébrant la reformation du groupe en novembre 1994. L’album « Hell freezes over » ne contient que quatre nouveaux titres auxquels sont ajoutés des morceaux anciens joués en public. Mais parmi ces nouvelles compositions se trouvent deux pépites : le percutant « Get over it » et la sublime ballade « Love will keep us alive ». Pendant cette longue absence, Glenn Frey, Don Henley et Joe Walsh poursuivront leur carrière en solo. Après l’album « Hell freezes over » il y aura à nouveau un long silence puisque le double album « Long road out of Eden » ne sortira qu’en 2007. Ca me fait mal de le dire tant j’aime les Eagles mais cet album n’offre plus la magie des premières oeuvres. Il ne fut prétexte qu’à une tournée du groupe mais bon, c’était sympa d’avoir proposé de nouvelles chansons. On va dire ça comme ça, d’autant plus que le talentueux Don Felder fut évincé. Le 18 janvier 2016, Glenn Frey, s’en est allé au paradis des rockers à l’âge de 67 ans, ce qui semble hélas marquer la fin définitive du groupe qu’il avait fondé.

S’il y avait eu les réseaux sociaux dans les seventies…

Oui je suis un gars d’un autre âge mais au moins j’aurais eu la chance de grandir en même temps que le rock avançait ses pions sur l’échiquier de la musique. A ce propos je pense que l’on aime toute sa vie la musique avec laquelle on a grandi. Pour moi c’est le rock, pour les jeunes d’aujourd’hui c’est le rap ou une certaine variété. Je me disais l’autre jour que s’il y avait eu le Net et les réseaux sociaux dans les glorieuses seventies, les choses n’auraient probablement pas évolué de la même manière. Et c’eut été dommage. Si aujourd’hui Mariah Carey pète dans l’ascenseur du Hilton ça se sait dans la minute qui suit. Tout va vite, tellement vite et les stars (ou pseudo stars) doivent faire gaffe à ce qu’elles font, à ce qu’elles disent. Une phrase malheureuse et c’est le tollé sur Twitter ou Facebook. Ceci dit il y a aussi les phrases ou les actes volontaires vu qu’il y a désormais ce besoin viscéral de faire le buzz.

Rien de tout cela dans les années 70 où si un gars m’avait dit qu’un jour je téléphonerais dans la rue, je l’aurais pris pour un dingue. Il n’y avait ni portable, ni smartphone, pas encore Internet et donc aucun réseau social. Quand Keith Moon des Who dévastait sa chambre d’hôtel ou en faisait exploser la porte, le grand public n’en savait rien. Imaginez ça de nos jours. On ignorait tout des à-côté de la musique, on écoutait jusqu’à l’usure les albums prodigieux des artistes mais on était à mille lieues d’imaginer ce qui se passait durant les tournées, voire les enregistrements en studio. On disposait de quelques infos supplémentaires en lisant « Best », « Rock n’ folk » ou « Extra » qui proposaient des compte-rendus de concerts, l’analyse des nouveaux disques, des interviews et c’était tout. Parfois quand même, on était informé de l’arrestation de Keith Richard des Stones pour possession de drogue ou de l’assassinat de Nancy Spungen par son chéri Sid Vicious, le bassiste des Sex Pistols mais le secret de groupies s’exhibant nues backstage pour le plus grand plaisir des artistes demeurait bien enfoui.

  

Les stars des seventies auront fait mille folies, auront tout vu, tout essayé, tout vécu. C’était la démesure totale, il n’y avait pas de limites et ce n’est que plus tard que l’on a appris, au compte-gouttes, leurs délires en lisant les biographies ou certaines confidences publiques. Dans le même temps ils proposaient une musique géniale et cherchaient constamment à innover. Moi, perso, je me foutais totalement de la vie privée de tel ou tel chanteur, je voulais de la musique, j’en écoutais constamment et ça suffisait à mon bonheur.

Le Racing club de Strasbourg retrouve enfin la Ligue 1

Ils l’ont fait ! Oui les joueurs du Racing Club de Strasbourg  ont gagné en ce vendredi 19 mai 2017 le match qui leur permet de retrouver la Ligue 1, l’élite, l’eldorado. Ils avaient la pression mais ils ont parfaitement maîtrisé leurs nerfs face à Bourg-en-Bresse et n’ont pas échoué dans leur mission. Il leur fallait absolument gagner et ils l’ont emporté 2-1.

Ca faisait neuf ans que toute une région attendait ce moment. Le Racing aura été au plus bas avec un dépôt de bilan et une relégation en CFA2. Des gestionnaires à la gomme avaient propulsé mon club chéri en enfer. Marc Keller est alors revenu pour relancer le club, s’efforçant d’avoir une gestion saine. Joueur international (6 fois en équipe de France) il incarne les valeurs alsaciennes et peut être considéré comme l’un des hommes importants de la remontée du club. Un autre homme fort, Jacky Duguéperoux, va permettre au Racing de se dépêtrer des pièges du National pour retrouver la Ligue 2. Duguépéroux c’est d’abord le joueur qui remporta le titre de champion de France 1979 avec le Racing avant de lui faire gagner deux coupes de la Ligue en 1997 et 2005 en tant qu’entraîneur. Du CFA2 à cette Ligue 2, le Racing aura établi de nouveaux records d’affluence tant les supporters auront été présents, ne lâchant jamais leur club chouchou. C’est ainsi qu’en National (qui équivaut à la troisième division) il y eut une moyenne de 10 000 spectateurs à la Meinau pour soutenir les Bleu et blanc. Phénoménal ! C’est avec l’ascension en Ligue 2 que naîtra le slogan « nous ne sommes pas 11 mais des milliers ».

En Alsace, la passion pour le Racing est si grande qu’elle en est palpable. C’est intense, extraordinaire et les supporters méritent aussi mille bravos. La descente aux enfers aura abattu tous les Alsaciens passionnés de ballon rond mais comme le disait Jérémy Grimm après une défaite face à Reims : « un alsacien se relève et retourne au charbon pour mettre les bouchées doubles ». Du simple mais enthousiaste supporter aux joueurs en passant par le staff et les employés, c’est le coeur qui a parlé. Un coeur bleu et blanc. Lorsque Duguépéroux avait annoncé qu’il n’entraînerait pas l’équipe en Ligue 2, ça m’avait attristé. Keller eut alors le nez fin en enrôlant Thierry Laurey (photo ci-dessous à gauche) qui, deux ans plus tôt, avait fait monter le Gazélec d’Ajaccio parmi l’élite. Je l’avoue, je le trouvais un peu frileux quand il déclarait qu’il visait simplement le maintien. Je lui en voulais aussi, pendant les matchs aller, de ne pas titulariser Blayac mais avec le recul je me dis qu’il avait certainement ses raisons. Tout s’est alors emballé lors des matchs retour où, malgré quelques couacs, le Racing s’est montré dominateur avec une attaque de feu. Laurey demeurait réservé dans ses propos mais il aura su amener ses troupes vers les sommets, devenant ainsi un autre homme fort du Racing.

   

Ce Racing m’a fait vibrer pour la première fois un soir d’automne 1965. J’avais douze ans et je découvrais le stade de la Meinau lors d’un Racing-Lyon qui s’était achevé sur le score de 0 à 0. Quelques mois plus tard, le Racing gagnait la Coupe de France en battant Nantes, ultra-favori, 1-0. Des souvenirs et des émotions j’en ai plein, à commencer par l’épopée glorieuse de 1979 quand Gilbert Gress mena ses troupes au titre de champion de France. Je ne vais pas tout citer mais il y eut aussi la baffe infligée à l’OM (4 à 1) à l’époque du tandem Ljuboja-Niang ou le fantastique match de barrage de mai 1992 où le Racing avait étrillé Rennes sur le score de 4 à 1. Il y eut également quelques enivrantes soirées européennes comme cette victoire 3-0 contre Liverpool. Quel plaisir ce fut de voir au fil des années des joueurs comme Osim, Molitor, Kaniber, Reichert, Dropsy, Specht, Sauzée, Leboeuf, Cobos, le regretté Vincent Sattler (promis à un bel avenir mais décédé à l’âge de 19 ans dans un accident de voiture) Mostovoi, Hasek et autres Djorkaeff. Il y en a eu, bien sûr plein d’autres mais je tiens à ajouter les combattants de cette année qu’auront été Gonçalves, Boutaïb, Lienhard (et son pied gauche magique) ou encore N’Dour. Bien sûr que toute l’équipe est à féliciter car ces gars là se sont battus avec une épatante force de caractère et personne ne l’a joué solo comme le précisait récemment Thierry Laurey.

A présent j’attends avec impatience le calendrier de la saison 2017-2018 de Ligue 1  mais aussi les transferts. Quels joueurs partiront ? Qui va rester ? Qui va venir ? Khalid Boutaib est annoncé ailleurs mais s’il restait, quel bonheur ce serait. J’ai aussi une pensée pour le gardien des Girondins, Cedric Carrasso, même pas fêté par son club et libre d’aller sous d’autres cieux. Je le verrais bien garder les cages du Racing. On peut toujours rêver. En attendant, je continue de savourer cette montée en Ligue 1.

 

Blue and lonesome, le nouvel album des Stones

Oh que c’est bon ! Les Rolling Stones sont de retour après un long silence discographique. Mick Jagger et sa bande nous proposent un bel album intitulé « Blue and lonesome », une galette constituée de reprises de titres d’anciens bluesmen et dès le premier morceau (Just your fool) on plonge avec délice dans le bon vieux blues. L’harmonica de Mick Jagger est très présent sur cet album et force est de constater qu’il n’a rien perdu de son talent quand il s’agit d’en jouer.

pochette blue and lonesome   0i

La pochette de l’album ne comporte pas le nom du groupe. C’est un peu comme à l’époque dorée du rock où Led Zeppelin sortait son quatrième album sans son nom sur la pochette ou, plus tôt encore, le célèbre album blanc des Beatles. Mais il y a quand même le fameux logo des Stones, cette langue effrontée qui, toutefois, devient bleue comme le blues au lieu d’être rouge.

caricature stones

Au départ les Stones étaient entrés en studio dans le but d’enregistrer de toutes nouvelles chansons. Il semblerait que l’inspiration ne soit pas venue pour composer autant de chansons que souhaité. Alors, pour se détendre, ils se sont mis à jouer des vieux blues, comme du temps où ils débutaient. Et il y eut le déclic : pourquoi ne pas faire un album de reprises de blues ? Je pourrais dire que c’est la solution de facilité, un peu comme en France où on nous gave d’albums de reprises ou d’hommages. Pour ma part je préférerais toujours quand il y a de la création, des nouvelles chansons mais franchement, entendre les Stones jouer du blues est un bonheur bienvenu car ils font ça bien. L’album est riche en titres forts comme ce « Just your fool » cité plus haut ou encore « Hate to see you go » et autres « Ride ’em on down ». Ce titre là fait d’ailleurs l’objet d’un clip où l’actrice Kristen Stewart se montre sauvageonne et déjantée.

Et puis, cerise sur le gâteau, Eric Clapton pose sa guitare sur deux chansons, en bon vieux pote, en fan de blues, ce genre musical remis à l’honneur par Keith Richard, Ron Wood, Charlie Watts et Mick Jagger. L’album s’achève avec « I can’t quit you baby » mais cette version là, aussi bonne soit-elle, ne parvient pas à me faire oublier celle proposée par Led Zeppelin sur son premier album. Qu’importe, « Blue and lonesome » est une pure merveille et, tout compte fait, les Rolling Stones ont eu une riche idée en enregistrant ces titres là.

rolling stones

Tout le charme de Belmont

Avec sa rue principale en pente, Belmont est un charmant petit village bas-rhinois suspendu au beau ciel bleu. Comme le montre la photo ci-dessous, il est niché au coeur d’un vaste écrin de verdure. Tout autour, il n’y a en effet que prés, champs et bois à perte de vue. C’est ainsi qu’en empruntant de charmants sentiers serpentant au milieu de cette belle nature, les promeneurs pourront apprécier la beauté du coin. Ils auront une magnifique vue sur la vallée de la Bruche et pourront fouler l’herbe des anciens pâturages. Jadis, le berger du village y emmenait les vaches.

Belmont

Belmont est le village de mon enfance. Je m’y rendais pendant les vacances scolaires et ma grand-mère adorée était aux petits soins pour moi. Avec mes copains on gambadait dans les prés, observant les sauterelles bondissantes, les genêts frétillant sous le souffle d’une douce brise ou admirant la nitescence de papillons s’envolant à tire-d’aile colorer le ciel. A mes yeux Belmont était le plus beau village du monde. A cette époque là, il y avait une école, une épicerie, trois restaurants et une boulangerie. Aujourd’hui il ne reste plus qu’un restaurant. Or, et c’est paradoxal, alors qu’il n’y avait guère qu’une centaine d’habitants en ce temps là, Belmont compte à présent 176 habitants. Cela s’explique par le fait que bien des gens, séduits par la beauté du site, ont construit (ou acheté) une maison, notamment à la Hutte, lieu-dit tout proche rattaché à Belmont.

Belmont

Lorsque le Général Hiver dépose son épais manteau blanc sur la rue et sur les toits, c’est un autre attrait de Belmont qui s’offre aux visiteurs. Là-haut, à 820 m d’altitude, les habitants sont habitués à voir la neige tomber en abondance. Situé sous le Champ-du-Feu où les gens viennent en masse pour skier, le village paraît encore plus isolé au milieu de l’étendue neigeuse. Mais quelle que soit la saison, Belmont est vraiment un merveilleux village.

Belmont sous la neige  Belmont (nature)

Belmont (l'église)  Pâturages

Qui a peur d’Alice Cooper ?

The telephone is ringing / You got me on the run… Voila les premiers mots d’Alice Cooper que j’ai entendu. C’était la chanson « Under my wheels » et je découvrais ce groupe avec ce titre. C’était à la fin de l’automne 1971, ça caillait dehors, on se pelait le jonc, un vent sournois secouait les houppiers des arbres voisins mais ce morceau rock me réchauffait le coeur. J’en avais parlé le lendemain à un pote, demandant pourquoi ce prénom féminin. Et l’autre de me dire : « ce sont des travelos, des mecs qui s’habillent en fille ». Il en savait des choses sur ce groupe dont le chanteur avait les yeux très (trop ?) maquillés… Je l’avais cru. C’était comme à l’école, quand les histoires de sexe avaient commencé à sérieusement me tarauder, il y avait toujours eu un petit malin qui en savait plus que moi, plus que les autres. Le jour où il avait évoqué la cyprine, les copains et moi avions ouvert de grands yeux. En prononçant ce mot alors inconnu de notre vocabulaire, il avait gagné notre estime, devenant l’érudit du sexe, l’expert, le maestro alors qu’il était aussi puceau que nous. Comme des cons, on avait ensuite bu ses paroles, ébahis, hébétés mais tellement intéressés. Comme quoi au royaume des puceaux, le plus bravache est roi. Et là mon pote me refaisait le même coup et je marchais. Que dis-je ? Je courais. Son info était fausse mais le mystère Alice Cooper m’intriguait. Je me suis alors plongé dans l’oeuvre du groupe… car en cette année là Alice Cooper était encore un groupe. Ce n’est qu’après que le chanteur, de son vrai nom Vincent Furnier, a volé de ses propres ailes en gardant ce nom.

Alice Cooper et son boa  Alice Cooper, le groupe

J’ai donc découvert l’album « Killer » et j’ai été fasciné par ce disque puissant comprenant, outre « Under my wheels », des merveilles comme « Be my lover », « You drive me nervous », « Desperado » et l’extraordinaire « Halo of flies ». Avec ses changements de rythme, ses cavalcades de guitares et la puissance de la batterie, ce morceau de plus de huit minutes est un chef-d’oeuvre et prouve combien ces musiciens avaient du talent. Sur scène l’atmosphère est lugubre. Alice le chanteur se retrouvait en camisole, portait son boa autour du cou et il y avait même une guillotine puisqu’il se faisait couper la tête. C’était du grand théâtre sanguinolent, inquiétant mais très rock. Alice Cooper faisait peur. Totalement emballé, j’allais me régaler avec l’album suivant, celui qui allait définitivement hisser la bande au rang de grand groupe : « School’s out ». Il y avait cette pochette représentant un pupitre d’écolier avec les noms ou les initiales des musiciens gravés dessus et quand on ouvrait l’album, on constatait que le disque était ceint d’une petite culotte féminine… en papier. Hormis l’hymne « School’s out », la galette proposait de très beaux titres (Luney tune, Gutter cats) mais aussi des morceaux plus surprenants et étranges comme l’excellent « Alma mater ».

Alice Cooper guillotine   Alice live

En mars 1973, soit moins d’un an plus tard, arrive l’album « Billion dollars babies » qui est une autre merveille grâce au titre éponyme mais aussi à « Hello hurray », « Billion dollars babies », « Elected », sans oublier « Raped and freezin' » qui s’achève en samba de carnaval et le génial « Generation landslide » avec un solo d’harmonica suivi d’un solo de guitare aérienne. Vint pourtant le moment où la discorde secoua le groupe, Alice désirant aller plus loin dans le glauque et le morbide contrairement aux musiciens las de passer au second plan, éclipsés par le show théâtral. Ceux-ci n’avaient pas tort mais le dénommé Alice ne les écouta point et ce fut la séparation. Même le bassiste Dennis Dunaway, qu’il connaissait depuis l’âge de 12 ans, jeta l’éponge. L’arrivée de la vague punk balaya le trip solo d’Alice Cooper qui passa ensuite de cures de désintoxication en internements psychiatriques. L’artiste parvint tout de même à enregistrer des albums, lesquels ne connurent qu’un succès mitigé. La traversée du désert durera une bonne douzaine d’années et pourtant l’album « Raise your fist and yell » aurait mérité de cartonner avec ses morceaux hard-rock.

Alice Cooper  Alice Cooper live

Enfin débarrassé de ses démons, le chanteur réussit à revenir au premier plan avec l’album Trash qui sort en juillet 1989 et qui comprend le titre « Poison » qui lui permet d’obtenir à nouveau (enfin) un tube, un vrai. Pour l’album suivant (Hey stoopid) Alice fait appel à des pointures comme Slash, Joe Satriani et Steve Vai, pour ne citer qu’eux. Il travaillera ensuite avec des petits jeunes fort doués qui l’accompagneront sur scène où, outre ses nouveaux titres, il reprend ses grands classiques. Et le public suit à nouveau, désireux de voir en live une légende du rock qui aura survécu à toutes ses folies, à tous ses excès. Comme quoi, avec le temps, Alice Cooper ne fait plus peur mais attire des foules curieuses et enthousiastes. Il faut dire aussi qu’il a entre-temps proposé d’excellents albums : « Dirty diamonds » en 2005 et « Along came a spider » en 2008.

alice cooper show  Alice Cooper concert

Avec 26 albums studio et pas mal de tubes à son actif, Alice Cooper, auteur-compositeur et très bon interprète, est incontestablement l’un des grands de l’univers rock. Ca fait quand même pas loin de cinquante ans qu’il est là ! De plus, à l’instar de certains groupes de hard-rock, il savait également créer de sublimes ballades (Only women bleed, I never cry, You and me, Six hours) si bien qu’il peut se targuer d’avoir un répertoire riche en purs délices musicaux.

J’aurais tant aimé que Green Day me surprenne encore

Je commençais à me demander si Green Day était en grève et voila que le trio californien sort son tout nouvel album intitulé « Revolution radio », quatre ans après sa dernière oeuvre. Dès le second morceau, « Bang bang », ça pétarade, grosse guitare en avant avec une unité basse-batterie impressionnante. C’est un vrai tube. « Say goodbye » surprend avec sa lourde intro mais au bout d’une minute, ce morceau finit par ressembler aux titres-phare de Green Day.  C’est d’ailleurs le problème de cette galette. Hormis « Outlaws » et « Forever now » tous les titres semblent avoir été coulés dans le même moule. Ceci dit, « Boucing off the wall » avec sa rythmique sympa et un solo de guitare un peu plus long que d’ordinaire mérite tout de même des éloges. Les morceaux sont certes dans l’esprit punk-rock et aussi, parfois, dans la même veine que l’album « Warning » mais c’est toujours le même style.  Ca me fait ch… de dire ça car j’aime beaucoup ce groupe qui a souvent su me surprendre.

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Ce fut le cas avec « Warning » où le trio apparaissait soudain plus mûr, ce qui dérouta beaucoup de fans. Même chose avec « American idiot » qui était un opéra-rock comme les Who le firent avec « Tommy ». Il y avait donc une histoire à suivre du premier morceau à l’ultime titre et cette galette m’emballa agréablement avec ses titres forts (le sublime Jesus of suburbia, Boulevard of broken dreams, Wake me up when september ends » et bien sûr l’hymne American idiot) mais fit râler encore bien des fans de la première heure. Comme je confiais à l’époque (2004) mon bonheur d’écouter cet album à un jeune pote qui avait grandi avec les albums « Dookie » et ceux qui le précédaient, il me répondit sèchement : « c’est devenu commercial ! » Conscient que nos divergences n’étaient dues qu’à nos âges respectifs, je n’avais pas été d’accord avec lui et, avec le recul, je le suis encore moins. Je peux toutefois comprendre qu’une partie du public initial de Green Day ait regretté de ne pas retrouver, à l’écoute de cet opus, l’énergie punk des morceaux envoyés à 200 à l’heure sur les premiers albums. Si la bande à Billy Joe Armstrong perdit là encore de nombreux fans, elle en gagna d’autres, preuve en est les 15 millions d’albums vendus de cet « American idiot » que je considère comme le meilleur album du groupe.

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Il est indéniable que Green Day reste un grand groupe, ne serait-ce qu’en concert où il fait preuve de punch en alignant ses nombreux hymnes avec brio.  Le DVD « Bullet in a bible » est là pour le prouver. Reste à voir maintenant si « Revolution radio » sera une révolution dans les ventes de disques.

AC/DC est-il arrivé au bout de l’autoroute ?

Tout le monde connait AC/DC. Aussi ne vais-je pas retracer leur long et magnifique parcours sur l’autoroute du succès. On connait tous le décès tragique de Bon Scott puis le surprenant retour avec l’album « Back in black » tout comme on connait par coeur les titres des albums de légende. J’ai eu (et j’ai encore) beaucoup de bonheur en écoutant ces morceaux tantôt blues-rock, tantôt hard-rock, voire même boogie. Formidable groupe dont les prestations live sont phénoménales grâce à toute la mise en scène (la lourde cloche, les canons, Rosie en gigantesque poupée gonflable, etc…) et aussi grâce à Angus Young, ce guitariste doué qui se transcende sur scène, entre en transes et part dans des solos interminables tout en faisant penser (parfois) à un épileptique. Le public n’attend que ça : le show Angus. Mais derrière lui ça tourne bien avec le batteur, le bassiste et ce frangin plus calme qui cisèle la rythmique avec brio.

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Sauf que le frangin est chez les dingos maintenant, atteint de démence. Ca me peine de le voir finir comme ça. Le groupe a donc du se priver de lui pour la dernière tournée. Pour couronner le tout, Brian Johnson, atteint de surdité, a été prié par son médecin de renoncer aux dernières dates. Et si le remplacement de Malcolm par Steve le neveu n’a pas posé de problème, le remplacement de Brian au chant par Axl Rose a créé une vive polémique, des fans demandant même le remboursement de leur billet. La présence du chanteur des Guns n’ Roses ne m’a pas spécialement choqué. Fallait bien un chanteur pour assurer la fin de tournée et la voix d’Axl peut convenir au groupe. Par contre ce qui m’a dérangé c’est son côté bling bling avec ses bagues et ses bracelets alors que Brian Johnson, en tee-shirt et blue-jean, casquette vissée sur la tête faisait simple côté look. Comme de surcroît Axl avait la jambe plâtrée, le groupe l’avait installé sur un trône et il chantait. Ok, il s’était cassé la patte, il n’y pouvait rien mais ça enlevait une part de folie visuelle aux concerts.

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Mais la vraie question était : Brian Johnson allait-il être viré du groupe après 36 ans de bons et loyaux services ? On dirait que ça ne rigole pas dans la galaxie AC/DC quand il s’agit de trancher, de prendre une importante décision. Le batteur Phil Rudd ayant des ennuis avec la justice pour possession de cannabis et profération de menaces de mort, il fut remplacé pour la tournée. Brian devient dur de la feuille et hop on le met aux oubliettes en déclarant : « les membres d’AC/DC souhaitent remercier Brian Johnson pour ses contributions et son dévouement au groupe au cours des années. Nous lui souhaitons le meilleur avec ses problèmes d’audition et ses entreprises futures. » Waow ! Ses entreprises futures ? Le message paraît clair mais c’est un peu dégueu, non ?

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Depuis, Brian a déclaré se soigner, un médecin ayant trouvé une miraculeuse solution. Le toubib, Stephen Ambrose, assure même que le chanteur pourra retourner en studio pour enregistrer. Du coup, Brian se met à rêver d’un retour sur scène. Seulement voila, il a 68 ans et au rythme où va AC/DC depuis seize ans, c’est pas gagné. En effet, prenons les derniers albums du groupe. « Stiff uper lip » est sorti en l’an 2000. L’album suivant « Black ice » n’est sorti que huit ans après et le plus récent (Rock or bust) est apparu dans les bacs en 2014. Il faut donc compter six ans minimum entre chaque galette. Des rumeurs ont récemment couru comme quoi le groupe serait déjà en studio mais c’est faux. Franchement, ça m’aurait mis sur le cul.

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Enfin, cerise sur le pancake, il y a eu la déclaration-choc du bassiste Cliff Williams. Peu de temps avant que la tournée mondiale ne s’achève,  Cliff a confié à Angus sa décision d’arrêter définitivement. Sale année pour AC/DC. Aussi, lors de l’ultime concert du 20 septembre à Philadelphie (avec un Axl Rose remis sur pied) Angus a-t’il cherché Cliff Williams pour qu’il s’avance sur le devant de la scène à la fin du dernier morceau (For those about to rock). Pour un bel hommage, pour un ultime salut. Angus se retrouve donc seul rescapé de la formation des débuts et du coup, comme beaucoup de fans, je me demande s’il va continuer. Il en aura certes l’envie mais est-ce que ce sera encore AC/DC ? Ca pourrait être une chance pour Brian Johnson s’il retrouve effectivement une meilleure audition. En attendant une réponse que seul le guitariste détient, il nous restera toujours les hymnes percutants que lui et sa bande ont su créer.

Le rock lourd et ténébreux de Black Sabbath

La claque que j’avais pris ! Impossible de résister à ce « Paranoid » à l’intro magnifique et au rythme très élevé. C’était fin 1970 et je découvrais Black Sabbath avec beaucoup de plaisir et si « Paranoid » était percutant et remarquable, il y avait bien d’autres chansons qui méritaient une oreille attentive. Tout avait commencé lorsque Geezer Butler parla à ses potes de sa passion pour la magie noire. Du coup le groupe décida de créer une musique lourde et ténébreuse. Le titre « Black sabbath » qui ouvre le premier album paru en février 1970 est la parfaite illustration de ce style musical avec en intro le tonnerre et une cloche qui sonne. On imagine une nuit d’orage dans un endroit sombre et glauque. L’ambiance est lourde, le tempo est lent, pesant, angoissant mais au milieu du morceau le rythme s’accélère et Tony Iommi, poussé par une rythmique infernale, part dans un solo de guitare magistral. L’album se vend bien mais la presse anglaise s’inquiète et qualifie le groupe d’inquiétant, de dangereux. Ce n’est pas tant le climat musical anxiogène qui est mis en cause mais les textes qui évoquent, entre autres, la mort et le diable.

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Riche en titres forts comme « War pigs », « Iron man » et bien sûr « Paranoid », le second album s’installe directement à la première place des ventes en Angleterre. Tony Iommi excelle à la guitare et John Michael Osbourne, surnommé Ozzy paraît livrer sur certains titres de sombres incantations alors que Butler assure à la basse, épaulé par Bill Ward qui tape sur ses caisses comme un possédé. Le quatuor prend pourtant plaisir à surprendre l’auditeur en proposant un « Planet caravan » planant mais plus léger et très agréable à écouterLe troisième album sort en juillet 1971 et enfonce le clou avec une recette inchangée, les morceaux étant toujours emplis de noirceur avec des cassures dans le rythme et de subtiles envolées guitaristiques. Black Sabbath n’hésite pas à faire des chansons qui durent plus de six minutes et sur cette nouvelle galette les titres-phare sont « Sweet leaf » et le phénoménal « Children of the grave ».

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Au risque de m’attirer les foudres des fans et autres puristes, je dois avouer que j’ai quelque peu décroché de Black Sabbath avec le cinquième album nommé « Sabbath bloody sabbath », d’autant plus qu’à cette période là ça bougeait beaucoup dans l’univers du rock. Le glitter-rock était arrivé avec David Bowie, the Sweet et T.Rex, Status Quo faisait parler de lui et Pink Floyd s’était installé sur le toit du monde avec son légendaire « Dark side of the moon ».

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Black Sabbath connut alors une période trouble avec des problèmes de drogues et des conflits internes. Pour couronner le tout, les albums « Technical ecstasy » et « Never say die » furent des échecs commerciaux. Usé par les drogues et l’alcool, Ozzy finit par claquer la porte mais Tony Iommi, n’entendant pas jeter l’éponge, enrôla Ronnie James Dio. Et Black Sabbath reprit des couleurs avec un excellent album : « Heaven and hell » paru en 1980. Malgré cela, le batteur Bill Ward partit à son tour, marquant le début d’incessants changements de personnel au sein du groupe. Moi, perso, j’ai toujours détesté lorsque mes groupes adorés changeaient de personnel. Je trouvais que quelque chose de magique se brisait. Black Sabbath allait finir par dérouter totalement ses fans avec ses multiples changements de personnel : chanteur, batteur, bassiste avec un Bill Ward s’en allant, revenant, repartant, etc… C’est ainsi que Ian Gillan, en manque de Deep Purple, assura le chant durant environ un an avant de se barrer. Au fil des années, Black Sabbath sombre dans l’anonymat discographiquement parlant. La magie des débuts s’est évaporée, Tony et ses nouveaux compères ne parvenant pas à recréer des ambiances comme celle de « Fairies wear boots » (par exemple) dont les incessants changements de rythme et le climat parfois lourd, parfois aérien faisaient la saveur.

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Et soudain le miracle arriva. Hormis Bill Ward, les potes du début se retrouvèrent à Birmingham pour enregistrer l’album « 13 » qui sortit en juin 2013. J’en suis content et c’est du très bon Black Sabbath, ça sonne comme dans les années 70-72 et pourtant certaines critiques démolissent l’album, estimant que le groupe a fait du copier-coller des mélodies d’antan. Concernant le titre « Zeitgeist » je suis d’accord, il fait penser au majestueux « Planet caravan » mais pour le reste j’estime qu’il faut savourer ces morceaux lourds comme au bon vieux temps sans trop chercher la petite bête. Je terminerai en disant que nombre de personnes considèrent (à juste titre) que Black Sabbath est le précurseur du heavy metal et que même si toute sa discographie n’est pas parfaite, c’est un groupe de légende qui mérite le respect.